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HISTOIRE

HISTOIRE DE DOCELLES

Ecrire sur DOCELLES et le papier c'est relater une histoire de vie qui perdure depuis des siècles. C'est transformer en mots une modeste ambition en allant rechercher quelque part au fond du temps les traces et les éléments qui font ce que notre village est aujourd'hui.

C'est aussi compulser maints ouvrages ou brochures, documents jaunis, livres et lettres, c'est-à-dire avoir ce premier contact avec ce support de la mémoire, qui a traversé les ans : LE PAPIER.

Tourner ces pages, en les saisissant entre le pouce et l'index, c'est déjà entrer dans ce monde magique, sans cesse en évolution, qui a répondu dès son origine à ces besoins des hommes qui sont de communiquer, de sceller les actes contre le temps. Entre le pouce et l'index, en les faisant glisser pour en apprécier la tenue, le couché, la main ; c'est aussi rêver quelques instants au travail de l'alchimie des Papetiers qui transforment ainsi ces pâtes et cette eau, avec d'autres composants, en cette feuille, aux couleurs changeantes qui allie la technique à la poésie suivant qu'elle change de formats : "GRAND AIGLE, GRAND SOLEIL, GRAND COLOMBIER, GRAND JESUS, GRAND RAISIN... CARRE, ECU, COQUILLE, COURONNE, TELLIERE ou MINISTRE, FLORETTE, PETITE CLOCHE NORMANDE.

C'est retrouver dans le passé la trace de ces noms qui furent générés ou transformés par le papier, GOUVERNEUR, PAPELIER, PAPETIER ...

C'est suivre les marques filigranées qui firent connaître, depuis l'origine, le nom de DOCELLES dans tant de pays.

Dans les méandres de nos cours d'eau sont inscrites notre histoire, notre prospérité, nos légendes.

L'EAU ...

Nul doute que la configuration de nos rivières, il y a quelques millénaires, était déjà celle que nous connaissons.

Les forêts très denses abritaient des hôtes dont certains sont maintenant disparus : renards, chevreuils, cerfs, mais aussi ours Uusqu'au début du XVIème siècle) et loups et les premiers habitants durent disputer à ces derniers leur aire d'établissement.

Les populations Celtes, comme l'attestent certains monuments défrichèrent ces forêts, établirent clairières et aires d'habitation, puis les Leuques et Triboques furent soumis par César, dont les légions établirent une colonie au Haut-du-Bois.

A l'origine, il semble que ces grandes forêts, quelque peu excentrées des voies habituelles de passage, durent servir de terre d'asile à des peuples chassés de leurs terres : Séquanes, Allemands et mêmes Ibères (Espagnols).

Notre vallée allait devenir lieu de passage et de commerce.

La Christianisation, l'évangélisation, pénétraient doucement en Austrasie, portés notamment par la foi solide des moines Irlandais : Saint Colomban prêchait vers 585) et Saint Valbert était à LUXEUIL. Nous partageons ainsi l'explication de l'origine du nom de notre village :

DOMINI CELLAE, DOCELLAE, DOCELLES.

CELLULE DE DIEU

S'installant les religieux créèrent alors des manses, surface suffisante pour vivre avec les dépendances dont le nom reste encore attaché au "GRAND MEIX", qui apparaît être le berceau de notre communauté.

Si les prédicateurs avaient trouvé la route, d'autres voyageurs moins pacifiques allaient les suivre dans les siècles suivants :

910 : Les Huns pillent les Vosges

920 : Les Hongrois dévastent la région.

Prémice à la terreur de l'an 1000, annoncé comme la fin du monde, la famine s'installe, due à la méconnaissance de certaines tubercules, entraînant la maladie et la mort... L'an 1000 se passera mais la vie restera toujours aussi difficile pour ces ruraux malgré un renouveau religieux.

Encore faut-il noter que les rigueurs de la féodalité qui se met en place sont atténuées par l'appartenance de DOCELLES aux Abbesses de REMIREMONT: En 1038 par arbitrage de l'Evêque de TOUL, le Comte Gérard abandonne à l'Abbesse de REMIREMONT les droits qu'il percevait sur chaque feu ou conduit à DOCELLES.

L'évolution se déroulera durant des siècles, rythrnéee par des évènements dont l'écho nous est resté :

1066 : terreur provoquée par le passage d'une Comète

1070 : une nourriture malsaine (le seigle ergoté) provoque le "feu sacré" (le mal attaquait les extrémités des membres)

1077 : le froid intense qui s'installe durant 4 mois entraîne la famine. La terre gelée empêche toute inhumation et les loups rôdent autour des maisons.

1078 : la guerre d'EPINAL ruine les environs par le pillage

1080 : A Noël une tempête affreuse renverse forêts et édifices (déjà... )

1081 : La grêle s ivie d'une canicule ruine toutes les cultures u entràînant malheurs, tristesse et morts

1251 : Le Comte de Vaudémont mit à feu et à sang les environs deBRUYERES

1348-1351 : La peste fait son oeuvre

1435 : Nouvelles bandes de pillards dans les Vosges : les "Ecorcheurs" dont un groupe fut cerné à SERCOEUR et "grillé vif".

Comme nous le constatons les conditions de vie étaient particulièrement dures pour nos ancêtres.

table de berger

(Docelles : table de berger)

L'arrivée des Moulins, des "Papelerles" va profondément transformer les caractéristiques de la population locale ; de tradition rurale, elle va peu à peu se transformer pour répondre aux besoins de ces industriels, soucieux de répondre, notamment, aux demandes des imprimeries. Les insuffisances seront compensées par l'arrivée de populations "étrangères" : Italiens, Alsaciens, Suisses et Allemands.

XVème

Globalement le XVème siècle fut très positif pour le développement des industries papetières en Lorraine et dans nos Vosges. Une paix (relative en ces temps troublés), une volonté affichée de la part des Ducs de Lorraine, favorisèrent leur développement, même si des destructions vinrent troubler la quiétude des habitants vers 1470.

XVIème

Le XVIème siècle fut également très positif pour l'industrie papetière reconnue. Si un trafic commercial intense s'instaurait avec les Flandres, l'Allemagne et la Suisse, en revanche nos ouvriers ne pouvaient plus dépasser les limites du Duché tant leur art était rare et recherché.

XVIlème

Le XVIlème siècle fut particulièrement agité, laissant dans notre mémoire collective la trace du passage des Suédois dans ce village de 47 chefs de conduite en 1608.

Le véritable fléau devait s'abattre vers 1635 alors que les Allemands, les Hongrois, les Polonais, les Français et les fameux Suédois venus d'Alsace, envahissent la Lorraine.

La soldatesque tue, pille et viole, se nourrit sur l'habitant et seule la sauvegarde accordée par le Maréchal de Turenne aux habitants de DOCELLÉS en 1644, sauve le village de la destruction totale. Les Moulins ont souffert et certains comme la Bernie ne se relèveront pas.

Les habitants qui s'étaient enfuis et cachés dans la forêt reviennent alors, essayant d'effacer de leurs souvenirs, les atrocités v cues dans la région, notamment à TENDON où il reste un seul feu, si bien dessinées par Jacques CALLOT.

Sur le Mont de Parroy, le château sur Perles n'est plus que ruines, et l'agriculture locale aura beaucoup de peine à se relever de ces années noires.

Des hommes entreprenants vont s'attacher à remonter les moulins du Grand Meix (Daniel GUERIN), Lana (Laurent KAMP), Vraichamp (Claude GERARD).

C'est également l'époque de la sorcellerie (procès de Dame Maurice) et de grandes misères et famines dont Saint-Pierre Fourrier a relaté les faits.

Notons également qu'en 1676 la confrèrie des Papetiers de DOCELLES élit son Maître, durant une fête dédiée à SAINT-ANTOINE, leur Saint Patron. (Cette fête est tombée en déssuétude en 1847 pour réapparaître quelques années après la deuxième guerre mondiale).

Parallèlement, dès 1669 les foires vont se développer à DOCELLES, foires aux bestiaux, porcs, bovins.

XVIllème

En 1778 et 1782, les inondations vont apporter de durs désagréments aux Papetiers.

L'Eglise nouvelle est reconstruite de 1732 à 1736 sur un emplacement légèrement différent de celui de la premîère. L'épouse d'un industriel fur marraine d'une cloche.

Parrainage... : fréquemment les patrons d'usines seront sollicités et accepteront d'être parrains ou marraines des enfants de leurs ouvriers.

La fin de ce siècle et le début du suivant virent arriver la Révolution et son nouveau cortège de conséquences : des positives : la République faisait imprimer tous ses édits, qui devant être lus dans toutes les communes, consommait beaucoup de papier, des négatives : dix ouvriers sont enrôlés dans les bataillons de volontaires, pendant que la disette pousse les autres à battre la campagne pour y chercher de la nourriture.

Scandale : le Curé de l'époque prête serment à la révolution et dans les archives paroissiales, ses actes sont mis à l'index.

Les chiffons commencent à manquer... Les premiers essais de papier à base de fibres naturelles sont tentés.

XIXème

L'Empire va donner une nouvelle vie à cette industrie, VRAICHAMP n'a jamais été aussi important , LANA passe à 4 cuves en 1814, CLAUDE étant adjudicataire des marchés passés par l'Administration du Timbre notamment ; Le GRAND MEIX, dont Nicolas BROCARD a protégé le sort des ouvriers, progresse constamment.

Ce siècle apporte une explosion dans la croissance de notre commune, malgré quelques autres ennuis dont le moins important n'est certes pas la destruction du pont (bâti en 1785) de VRAYCHAMP en 1828, emporté par les eaux et les glaces.

Le machinisme apparaît rapidement en 1838 à VRAICHAMP, puis en 1839 au GRAND MEIX faisant oublier la dernière grande épidémie de choléra en 1832.

Le développement se continuera par l'adjonction de nouvelles habitations ouvrières à LANA, principalement.

Les voies de communication vont se développer, grâce aussi à la présence d'industriels locaux dans les instances les plus hautes du département et du pays.

Pendant que le bord des routes s'agrémente de plantations d'arbres fruitiers, la ligne ARCHES-BRUYERES est créée en 1869.

La guerre de 1870 vit d'abord passer 200 gardes nationaux qui se rendent à BRUYERES puis à CHAMDRAY avant que les Prussiens ne dévalent par le chemin du ROULIER faisant peur aux habitants cachés dans les caves. Le chemin de fer qui passera ensuite à 2 voies, est un élément déterminant dans l'extension des Papeteries, à preuve ces chiffres relevés en 1889.

La gare de DOCELLES est classée 23ème sur 102 :

 

VOYAGEURS

TONNAGE EXPEDIE

1881

3080

925 t

1886

14778

5588 t

 

En cette époque de développement DOCELLES possède une fanfare créée en 1885 par CLAUDEL et comportant 15 musiciens . Les armées y viennent faire leurs manoeuvres, les cités ouvrières se construisent.

Ce bel élan sera stoppé par la 1 ère guerre mondiale dont la part au sacrifice sera de 34 tués et de nombreux mutilés.

Entre les deux guerres le développement se poursuivra, le trafic vers la gare étant intense, et les commerces prenant de l'extension.

Durant la 2ème guerre mondiale le village sera bombardé et les ponts minés, le vieux pont disparaîtra, remplacé aujourd'hui par une passerelle. Quelques uns de nos concitoyens laissent leur vie dans les camps.

Quelques années après, Monsieur Georges HALBOUT crée son industrie qui, sous son impulsion et celle de sa famille, acquiert une dimension internationale.

Maintenant les hautes cheminées n'existent plus et la cloche n'appelle plus le personnel au travail.

Les Papeteries sont là présentes avec leur poids économique, et comme tous les soirs le village s'endort au ronronnement, au bourdonnement des machines, qui ont remplacé le martellement des "moulins" et au-dessus desquelles planent encore les noms de vieilles familles papetières : AUBRY, CLAUDEL, GENAY, HOUOT, JACQUEMIN, LAHACHE, LETANG, MOUGENEL, OLIOT, PHARISIEN, THEAUDE, auxquels se sont joints tant de nouveaux, attirés par cette magie sans cesse renouvelée :