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VRAICHAMP

VRAICHAMP

(VRAY - CHAMP)

Le souvenir de ces hautes ruines dominant la rivière, abattues il y a quelques années reste très proche et présent.

C'est vraisemblablement avant 1492 que ce moulin fut créé par Jean DORRET.

Cette papeterie une des plus anciennes du village est au début du XVIlème siècle la plus importante de la région ! 6 roues actionnent 108 maillets, battant dans 36 piles et fabriquant 14 sortes de papier.

Cette période de prospérité va disparaître brutalement, victime des ravages de la guerre de Trente Ans.

Il faudra attendre 1656 pour que Claude GERARD la remette en état de marche, expédiant son papier, réalisé avec des chiffons de la région de BRUYERES, principalement en ALLEMAGNE et en SUISSE.

Durant les années suivantes, la Papeterie va appartenir avec des succès divers à des patrons plus ou moins intéressés par la fabrication du papier.

C'est alors qu'intervint un Personnage hors du commun : Nicolas KRANTZ, ancien fontainier du Roi LEGZCYNSKI, qui va prendre en main les destinées de la Papeterie, pour... "faire du plus beau papier que dans toutes les Papeteries des Vosges".

Infatigable créant d'autres entreprises, voyageant, se lançant parfois dans des affaires difficiles, il va être obligé d'intéresser ses enfants à ses affaires : Le Moulin a alors 4 piles, 3 hollandaises et 3 cuves où travaillent 9 ouvriers (plus les femmes et les enfants).

En 1782, il établit deux presses à bois et un hachoir à chiffons qui était son orgueil... "Cette machine peut hacher 4 quintaux de chiffons par heure, ce qui représente le travail de 15 hommes..." (in DESGOUTTES).

Brutale, la catastrophe survint en 1789 : l'usine brûle entièrement. mais, combative la famille KRANTZ va mettre une année à la relever et en Septembre 1790, les premières feuilles sortent de la nouvelle cuve.

C'est dans cette période révolutionnaire que les deux frères se séparent, Claude à VRAICHAMP et Claude-Nicolas à LANA. Les pénuries de matières premières, les réquisitions, la misère rendent l'exploitation difficile.

Les difficultés à trouver des chiffons vont s'accroître du temps de GAMBA qui va tout de même mener VRAICHAM P à son apogée (1 806).

 

Le bâtiment de la salle a 187 fenêtres, 4 étages de séchoirs, 48 maillets et 7 cylindres à la hollandaise, alimentant 10 cuves 174 ouvriers dont 103 femmes et 9 enfants (tri des chiffons ... ). Prospérité qui va connaître un coup d'arrêt en 1813 suite à l'incurie du propriétaire. Malgré des essais pour utiliser d'autres matières premières (mûrier, tilleul, peuplier) en Mai 1831 Vraichamp ferme ses portes.

 

 

Dans un mémoire de 1834, nous trouvons la défense de son droit d'eau par Monsieur CHARVIN, propriétaire, au Préfet des VOSGES.

Une reprise temporaire :

1838 : l'usine achetée en 1837 par NIVET AINE & Cie, est dotée d'une machine à papier, doublée en 1839.

1841 : la vente de l'usine est décidée et c'est Dominique-Jacques CLAUDEL qui s'en rend acquéreur en 1842. Ce sera la dernière ligne de propriétaires.

1913 : la machine de 1 m3O fabriquait du phormium léger et du porphyre.

Août 1914 : Victor CLAUDEL s'adresse ainsi à ses derniers ouvriers :

"C'est LA GUERRE, J'ARRETE !"

Les soldats furent les derniers occupants de ce moulin ...

Etrange destin de ce qui fut un véritable joyau ...